Spiridon romand

Un mouvement au service de la course à pied pour tous

Origine et débuts

En février 1972 paraissait le «numéro 0» de Spiridon, revue de course à pied lancée par Noël Tamini et Yves Jeannotat. Ce titre rappelait le nom du premier vainqueur du marathon des Jeux Olympiques modernes (Athènes, 1896), le Grec Spiridon Louis. La revue s’efforçait de promouvoir la course à pied d’abord comme un loisir pro­fitant à la santé, ensuite seulement comme sport compétitif. Rapidement, Spiridon réunit autour d’elle tout le petit monde des coureurs à pied, monde d’ailleurs en constante croissance, ces années-là.

Bien vite, les pratiquants et les lecteurs de la revue éprouvèrent le besoin de se regrouper. Naquirent ainsi les «Spiridon-Clubs», en Allemagne, France, Suisse, Belgi­que, Italie et au Québec. La plupart d’entre eux, malgré des mutations successives, sont toujours actifs. Leur but était, à part celui de soutenir la revue, de développer une acti­vité complémentaire à celle des fédérations nationales d’athlétisme. Celles-ci s’occupe­raient des courses à l’intérieur du stade, les Spiridon-Clubs des courses hors stade (route et cross). Plus particulièrement, les clubs Spiridon entendaient traiter coureurs d’élite et néophytes sur le même plan, encourager la pratique de la course à pied par les femmes, les jeunes et les vétérans, inciter à la modification des règlements qui restreignaient cette pratique. (Rappelons en passant que les femmes n’eurent le droit de participer à Morat-Fribourg qu’en 1977.) Les courses à pied devaient être «ouvertes à tous».

Dans la foulée (le mot est approprié!), fut fondé, le 24 mars 1975, le «Spiridon-Club de Suisse» (SCS), ancêtre du «Spiridon romand». Les fondateurs en furent: Noël Tamini, Yves Jeannotat (ancien coureur international et journaliste sportif bien connu), qui en fut le premier président, Michèle et Paul Miéville, Jean-Claude Pont (créateur de Sierre-Zinal), Ingrid Bracco. Assistait aussi à la séance de création l’Allemand Manfred Steffny, coureur international et, aujourd’hui encore, rédacteur de Spiridon Deutschland. Le premier trésorier en fut Stéphane Gmünder, qui devait plus tard devenir président de la Fédération Suisse d’Athlétisme (FSA).

Les premiers statuts du SCS entrèrent en vigueur en automne 1976. D’une façon imagée, voici comme Yves Jeannotat résumait les buts du groupement:

Dès l’automne 1975 déjà, le SCS publiait, d’abord en collaboration avec la FSA, puis seul, le premier Calendrier des courses hors stade. Cette publication, distribuée gratuitement, se poursuivit jusqu’en 1992 et fut le signe le plus visible de notre activité. D’autres calendriers ayant paru, avec des moyens plus importants, nous avons arrêté la publication du nôtre, qui faisait double ou triple emploi. Nous avions cependant montré la voie pendant une quinzaine d’années.

Les activités

Au début de son activité, notre groupement se présentait comme une sorte de «syndicat des coureurs et des organisateurs des courses sur route», alors délaissés par les règlements officiels. Aujourd’hui, les «revendications» de ce syndicat sont devenues la norme (ouverture des courses, catégories d’âge, niveau des organisations, etc.).

Etant donné l’éparpillement géographique de nos membres, le besoin d’un lien se faisait sentir. La revue Spiridon étant plutôt internationale, nous avons créé notre propre bulletin. Dès juin 1979, Le mmmille-pattes apporta aux membres, trimestriel­lement, des nouvelles du groupement. Pour l’anecdote, il vaut la peine de raconter comment ce titre fut choisi. Un numéro «d’essai», rédigé par Noël Tamini, avait déjà paru. L’accueil en avait semblé favorable. Un point à l’ordre du jour d’une séance de comité, en avril 1979, prévoyait donc une discussion à ce propos et le choix d’un titre. Bernard Ogier, alors président du SCS, et Roberto De Munari, pressenti à cause de sa profession pour être le futur rédacteur du bulletin, présentent à la séance – sans s’être du tout consultés – un projet portant le même titre: «Le mmmille-pattes» (avec trois «m», mais oui!). Dans l’éclat de rire général, le projet ne pouvait qu’être adopté!…

En 1991, ayant constaté que tout essai de pénétration en Suisse alémanique avait été vain, le groupement s’est recentré sur notre région linguistique, devenant le Spiri­don romand, par décision de l’assemblée générale du 18 octobre, à Saint-Maurice. Du coup, Spiridon ayant cessé de paraître (en 1989, malgré le combat désespéré de son rédacteur unique Noël Tamini), notre mmmille-pattes, maintenant revue publiée trois fois par an, devenait «le dernier bastion des coureurs d’ici». Les modifications de statuts relatives furent approuvées en automne 1991.

Successivement, Yves Jeannotat, Bernard Ogier, Gaston Rochat, Michel Purro et Jean-Claude Meylan et Philippe Rochat ont précédé Raymond Durussel, actuellement en fonction, à la tête du SCS et du Spiridon romand. Quant au mmmille-pattes, après R. De Munari, D. Zehfus, G. Rochat, J.-Cl. Meylan, J.-P. Glanzmann (pendant neuf ans!), encore R. De Munari par interim, F. Sacco et Ph. Rochat, il est confié actuellement à A. Berguerand, J-C. Blanc et R. De. Munari.

Sous la dynamique présidence de Philippe Rochat, le Spiridon romand a développé ses activités:

Notre expérience pourrait vous être profitable

D’autres projets sont en cours d’élaboration, car la vie de notre groupement n’est pas un «long fleuve tranquille», loin de là. Le but principal de notre mouvement reste toujours valable: la promotion de la course à pied comme loisir sain, débouchant, éventuellement mais pas nécessairement, sur la compétition. L’amitié reste toujours la base des relations entre les membres, champions ou «coureurs du dimanche».

Bien entendu, il ne s’agit pas, pour nous, de préparer de futurs médaillés olympiques. Il s’agit simplement de conseiller, d’informer: une pratique régulière de la course, même sans viser la compétition, peut apporter à chacun du bien-être, de la détente nerveuse, de l’agrément. Par exemple, nous avons des idées pour ceux qui cherchent un anti-stress efficace...